♥ Quand avez-vous su que vous étiez faits pour la musique ?
Tom : Bill et moi étions encore gamins lorsque notre mère a décidé de refaire sa vie avec un musicien, Gordon. Notre beau-père dédiait son existence tout entière à la guitare électrique. Il jour dans un groupe punk rock baptisé "Fatun", et donnait des cours dans une école de musique de Magdebourg. Parvenus à l'âge de tenir une guitare sans la faire tomber pas terre, vers 6 ans, nous avons eu le droit d'en jouer. Ma magie a aussitôt opéré.
Bill : La première fois que j'ai vu Tom prendre la guitare, j'ai senti qu'il se passait quelque chose. Pour moi, c'était certain, il avait un don, une aisance naturelle avec l'instrument, un je-ne-sais-quoi qui faite toute la différence. Moi, je n'avais pas les mêmes facilités que lui. Quand j'arrivais à peine à enchaîner trois accords, Tom était déjà au stade de l'improvisation. Voilà pourquoi je me suis concentré sur le chant [rires] !
Gustav : Pour moi aussi, la musique est une obsession qui remonte à l'enfance. J'ai eu ma première batterie à l'âge de 5 ans. Tous les soirs en m'endormant, je m'imaginais sur scène accompagnant en solo le chanteur Phil Collins, l'une de mes idoles de jeunesse.
Georg : Finalement, il n'y a que moi qui ne suis pas né avec le génie de la musique [rires] ! J'ai découvert la basse sur le tard, complètement par hasard. Au collège, j'avais deux copains déterminés à créer un groupe de rock. Ils avaient besoin d'un bassiste et m'ont proposé la place. J'ai trouvé l'idée séduisante, je me suis ahcteé une basse et inscrit au conservatoire.
♥ Quels souvenirs gardez-vous des débuts du groupe ?
Georg : Nos premiers pas sur scène étaient plutôt pathétiques [éclats de rires] ! On se prenait pour les rois du rock, mais, de toute évidence, nous étions les seuls à le penser ...
Tom : C'est vrai que nos premiers pas sur scène n'étaient pas glorieux. Nous étions encore des mômes inexpérimentés. Nous jouions dans des petites salles, à l'occasion de fêtes de villages où le public pense plus à boire des bières qu'à écouter des artistes débutant.
Bill : Quand je repense à nos débuts, je me dis que nous avons parcouru un sacré chemin. Pour rien au monde, je ne voudrais revenir en arrière ...
♥ Etiez-vous tous d'accord sur le style de musique à adopter ?
Tom : Chacun d'entre nous avait sa propre culture musical. A l'époque, Georg ne jurait que par le son rock anglo-saxon d'Oasis et de Fall Out Boy, Gustav adorait Metallica, Bill était fan de Green Day, quand à moi, j'étais un adepte de hip hop. Mais nos différentes influences musicales n'ont jamais été un obstacle au groupe. Bien au contrairen, elles ont engendré une véritable alchimie artistique.
Gustav : En fait, nous avons débuté ensemble sous le nom de "Dévilish (Démonique). Nos premiers morceaux se voulaient d'inspiration punk, mais très vite, nous avons évolué vers un son plus rock.
♥ Qu'est-ce qui a vous a permis d'y croire ?
Tom : Même s'il y a eu quelques ratés au départ, à force de persévérance, on s'est perfectionné et on a commencé à se faire une petite réputation à Magdebourg. Certes, nous étions critiqués, mais des admiratrices de plus en plus nombreuses étaient là aussi pour nous soutenir. C'est l'enthousiasme du public qui donne envie d'y croire et de s'accrocher dans les moments difficiles? Sans public pour nous applaudir, nous aurions probablement fini par laisser tomber.
Gustav : Si Tikio Hotel n'avais pas survécu, pour ma part, j'aurais continué à jouer même dans l'anonymat. J'ai toujours été passionner et ambitieux. Et je n'ai jamais envisagé faire autre chose que de la batterie.
♥ Quand avez-vous pris conscience de phénomène Tokio Hotel ?
Bill : C'est difficile de définir précisément le moment où nous avons pris conscience de l'ampleur de notre succès. Les événements se sont enchaînés à une telle allure ! En Allemagne nous avons senti qu'il se passait quelque chose dès la sortie de notre premier single , Durch Den Monsun (le 15 aout 2005). Mais nous étions encore loin d'imaginer chanter au-delà des frontières de notre pays. En fait, je reste encore étonné de ce qui nous arrive . Oui je crois bien n'être pas encore redescendu sur terre. L'aventure du groupe Tokio Hotel me faire vive un rêve éveillé.
Tom : Il faut quand même avouer que notre premier concert en France a bouleversé le destin du groupe(le concert du Trabendo, à Paris, le 28 septembre 2006). Connaître un tel succès en Allemagne était une chose, mais découvrir tous ces fans français, en dépit du barrage de la langue, tenait presque du miracle. A mon avis c'est à ce moment-là que l'avenir du groupe a pris une autre dimension.
♥ Que vous inspirent les communautés anti-Tokio Hotel ?
Georg : Nous en avons entendu parler. On ne peut pas être aimé par tout le monde, mais de là à militer contre le groupe, j'avoue que sa me dépasse un peu, On ne fait de mal a personne que je sache ...
Tom : Depuis l'enfance, Bill et moi sommes habitués à déclencher l'irritation de certaines personnes [sourire] ... A l'école, déjà, des élèves voulaient me casser la figure uniquement à cause de mes Dreadlocks. Les gens n'aiment pas qu'on affiche sa différence. Et pour peu qu'elle soit synonyme de réussite, là, ils manifestent carrément de la haine.
♥ La célébrité vous effraie-t-elle parfois ?
Bill : Au contraire, elle nous sublime, Soyons francs, aucun de nous n'est là par hasard, Quel bonheur de faire de la musique qui séduit les foule, d'être reconnus, acclamés. La vie d'artiste, ponctuée d'incroyables sensations, d'émotions partagées, d'excès aussi, est un régal de chaque instant. Quand on a goûté à ça, la vie ordinaire paraît fade. Tous les quatre, nous faisons en sortes que ce rêve ne finisse jamais.
♥ Le succès pourrait-il vous monter à la tête ?
Gustav : Nous avons tous des caractères très différents, mais nous partageons la même ambition et la même détermination dans le travail. Pour avoir fait nos premiers pas sur scène ensemble, nous savons au prix de quels efforts la réussite s'obtient. Aucun de nous n'entend se reposer sur ses lauriers, et chacun fait ce qu'il fait pour rester performant.